H'UP : accompagner pour donner à tous la possibilité d’entreprendre
L’association, créée il y a 10 ans, s’est installée dans de nombreuses régions, dont les Hauts-de-France. Sa responsable régionale, Léa Delattre, et Sylvain Paillette, administrateur régional et vice-président de l'association expliquent le rôle de H'UP, qui accompagne les entrepreneurs et porteurs de projets en situation de handicap.

Être entrepreneur en France peut être une
chose complexe, mais cela peut l’être encore plus lorsque l’on a
un handicap, qu’il soit visible ou invisible. Les obstacles qui se
dressent peuvent s’avérer
infranchissables et la tentation d’abandonner peut surgir. C’est
pour éviter cela et mettre en place tous les conseils et
toutes les aides que l’association H'UP a été créée il y a 10
ans désormais.
Depuis 2019, l’association a une antenne dans les
Hauts-de-France, avec une vingtaine de bénévoles présents dans la
région. Mais la particularité de H'UP réside dans le fait que l’accompagnement
peut également se faire en distanciel, donc de partout en France. «On matche les bénévoles en fonction des besoins des personnes, ce
qui fait que l'on peut être amenés à avoir des personnes qui sont
accompagnées par quelqu’un de Toulouse», souligne Léa
Delattre, responsable régionale dans les Hauts-de-France.
Le
mot clé pour l’association est
«l’accompagnement».
Car l’objectif n’est pas forcément
«de
créer a chaque fois une entreprise, mais d’accompagner sur le bout
de chemin la personne avec ses besoins spécifiques en
complémentarité de tout les acteurs qui existent déjà»,
explique
Sylvain Paillette, vice-président de l’association. Cet
accompagnement est primordial pour des personnes qui n’ont,
parfois, pas eu d'autre choix que de se lancer dans l’entreprenariat, après
avoir «été
confrontés à des
situations où
l’on
a pas trouvé d’autres solutions en étant salariés, car nous
n’avons
pas réussi a être accompagnés dans
l’entreprise, ou alors parce que les conséquences de la pathologie
sont difficilement compatibles
avec le fait d’être salarié. Ou
encore, cela
demande à l’employeur de faire trop d’efforts et de mettre en
place trop choses en termes d’accompagnement», ajoute
le vice-président.
Il s'agit donc là d'une vraie solution pour garder une activité et créer de la
valeur, alors que le taux de chômage des personnes en situation de
handicap est deux fois supérieur à la moyenne nationale et que les
financements sont aussi plus compliqués à obtenir, bien
que des aides existent, comme l’Agefiph par exemple.
«Sortir de la Métropole lilloise»
S’ajoutent à l'adversité des phénomènes plus personnels, ceux de
l’autocensure et de l’isolement. Et cela est
particulièrement le cas dans les Hauts-de-France, «un
territoire assez particulier, car on a beaucoup de personnes
éloignées de l’emploi de manière historique», fait savoir
Léa Delattre. Mais «on voit la différence entre le Nord et le
Pas-de-Calais avec la Somme et l’Oise. Il y a beaucoup de créations d’entreprises dans le Nord et le Pas-de-Calais, tandis que dans la
Somme et l’Oise, il y a moins de structures. Dans d’autres
régions, il y a davantage de grandes villes. Ici, tout est
très concentré autour de Lille». Pour éviter d’accentuer
cet isolement, également corollaire du statut d’entrepreneur en
général, H'UP cherche à «mettre l’accent sur l’esprit
de communauté, que ce soit en visio ou en présentiel lors
d’évènements, afin qu’ils puissent discuter de leurs
problématiques, qu’elles soient en lien avec le handicap ou
l’entrepreneuriat», ajoute Sylvain Paillette.
Si H'UP accompagne, l’association incube une trentaine d'entreprises par an afin de les aider à se développer. Et cela ne cesse d’augmenter. Ainsi, depuis le début de l’année 2025, c’est déjà une quinzaine d’entreprises qui sont accompagnées par Léa Delattre. Ce chiffre important pour un début d’année est à l’image des objectifs de l’association au niveau régional, qui cherche à «sortir de la MEL et aller vers les personnes entendent moins parler de structures qui peuvent les accompagner et y on moins accès». Car le leitmotiv de H'UP est simple : «Entrepreneur avant tout».
Les chiffres
- Présent dans les Hauts-de-France depuis 2019
- Plus de 100 entrepreneurs rencontrés et accompagnés
- Environ 30 incubations par an